A baton rompu avec Fodéba Isto Keira le Secrétaire Général du Ministère de la Culture, des Sports et du Patrimoine Historique

article mise à jour : 13 avril 2016
Le lundi 11 avril 2016, le reporter du site www.guinee-culture.org a rencontré au ministère de la Culture, des Sports et du patrimoine historique, M. Isto Kéra secrétaire Général dudit ministère. Dans cet entretien, il a parlé des objectifs et du plan d’action de son département à court moyen termes.

www.guinee-culture.org: Suite à votre nomination au poste de Secrétaire Général du département de la culture, toute la rédaction de guinee-culture vous présente ses félicitations.
Cela étant, définissez-moi un peu le ministère de la culture, des sports et du patrimoine historique
 ?

Isto Keira : Merci beaucoup à toute l’équipe de guinee-culture. Et heureux de vous recevoir dans les locaux du Ministère de la Culture, des Sports et du Patrimoine Historique. Il faut dire que ce département tel qu’il existe aujourd’hui, n’a pas toujours été ainsi. Il a fallu les élections du 11 octobre 2015 pour que le président Alpha Condé soit élu pour son deuxième mandat et que le 4 janvier 2016, il mette en place un nouveau gouvernement et prévoit la fusion entre le sport et la culture.
Donc aujourd’hui, c’est un grand département qui a la dénomination du Ministère de la Culture, des ports et du patrimoine historique. Ce département a pour mission de veiller à l’application de la politique nationale de la culture, des sports et du patrimoine historique. Suivi de son évaluation, ce département est composé de directions nationales, de directions générales, de services rattachés, de services déconcentrés et décentralisés aussi.

www.guinee-culture.org: Par rapport à votre poste de secrétaire général, identifiez-moi votre plan d’action ?

Isto Keira : Hé ! En tant que secrétaire général, vous savez que le secrétaire général est la cheville ouvrière d’un département. C’est le technicien du département. Le secrétaire général est le directeur des directeurs. A ce titre donc, je veille à la bonne marche, qu’elle soit direction générale ou direction nationale, sans compter les services rattachés. Je joue le rôle de conseiller technique auprès du ministre qui en est la première autorité et l’ordonnateur sur le plan financier du ministère.

www.guinee-culture.org: Oui, le programme maintenant ?

Isto Kéré : Ainsi donc, nous avons, depuis notre nomination comme secrétaire général, concocté un programme annuel, qui est déjà étalé à la presse depuis la semaine dernière. Suite à une conférence de presse animée par le ministre Siaka Barry. Et vous vous souviendrez que le 06 avril déjà, nous avons lancé, à l’occasion de la journée mondiale des sports au service de la paix et du développement, où nous avons voulu coïncider cette journée mondiale ou internationale au lancement de la saison culturelle, une période d’animation culturelle et sportive qui s’étend sur toute une année 2016-2017. Et justement, au cours de cette saison culturelle, beaucoup d’activités sont programmées.
La première, c’était ce carnaval géant qui a vu les trente fédérations avec toutes les composantes de la culture nationale ; les teinturiers et teinturières, les culturistes, les acrobates, les comédiens, les cinéastes, les percussionnistes, les musiciens de la musique moderne et la musique urbaine, les opérateurs culturels, les administrateurs, les impresarios. Donc, tous les secteurs para-artistiques ont participé à cet imposant carnaval qui a mobilisé près de dix mille personnes.
Ensuite, nous avons lancé les travaux de rénovation du stade du 28 Septembre qui était dans un état moyenâgeux ou piteux. Donc, en deux semaines, nous avons pu faire la rénovation de ce stade en urgence avec le groupe GUICOPRESS, avec lequel nous avons noué un partenariat avec Kerfala Camara KPC. Parce qu’il faut savoir aujourd’hui que le budget national ne peut plus couvrir les dépenses de tous les départements ministériels, parce que vous n’êtes pas sans savoir que la Guinée est en récession économique.
Conscients de cela, le ministre Siaka Barry et moi, en bons managers, nous avons lancé des opérations de charme auprès de certaines structures privées pour que les trois ‘’P’’ (partenariat-public-privé) soit une réalité. La preuve aujourd’hui, c’est que le Stade du 28 Septembre est rénové et homologué par les inspecteurs de la Confédération Africaine de Football.
Et au moment de cette interview, les travaux de finition du stade de Nongo sont très avancés et ce contrat est prêt à être signé par un autre groupe, une structure privée du pays. Et nous estimons qu’en juin, s’il n’ ya pas de cas de force majeure, le stade de Nongo va être opérationnel, et va abriter les premières rencontres du Syli National au stade de 50 mille places de Nongo.

www.guinee-culture.org: Et le cinéma guinéen dans tout çà ?

Nous y avons pensé qu’il faut relancer le cinéma guinéen. La quinzaine du cinéma guinéen va être organisée pour la première fois durant quinze jours où toutes les télévisions privées et publiques vont diffuser des films réalisés par des réalisateurs guinéens. Et cela permettrait aux populations guinéennes et à celles vivant à l’extérieur de bénéficier de cette faveur à travers la qualité, n’est-ce pas de nos réalisateurs ? Surtout que beaucoup de chaines de télévisions sont sur bouquet aujourd’hui.
Donc le cinéma guinéen va être relancé à travers cette quinzaine. Il y aura une exposition au niveau du Musée de Sandervalia, parce que c’est aussi le ministère du patrimoine historique. Aujourd’hui, la direction du Musée, de la bibliothèque nationale et la direction nationale du patrimoine historique sont en train de faire un travail en équipe pour qu’une exposition soit faite au niveau du Musée national. D’abord au niveau des instruments traditionnels, puisque la Guinée est un pays fondamentalement traditionnel et culturel et qui a beaucoup fait dans l’exhumation des instruments.
Le balafon, le N’goni, le Djémbé, la kora vont être tous exposés au Musée national de Sandervalia. Mais aussi cette liste exhaustive que nous attendons de la direction nationale du patrimoine historique par rapport aux sites historiques.
Vous savez, la Guinée, qu’on le veuille ou pas, est une grande nation et une grande capitale culturelle. Lorsque vous partez à Kérouané, vous retrouverez les sites samoryens. A Siguiri, vous retrouverez les restes de la pirogue de Fakoly Kourouma à Norassoba. Et lorsque vous allez à Niani, c’est l’ancienne capitale de l’empire mandingue. Et c’est là où Soundiata Keita est né. Je suis heureux de dire que et Samory Touré et Soundiata Kéita sont tous des guinéens. Parce que Samory naquit à Maniambaladougou, c’est dans Kérouané, et Soundiata Keita aussi est né à Niani.
Donc c’est pour dire que la préfecture de Mandiana regorge de vestiges matériels qui, s’ils sont exploités, pourront faire de la Guinée une destination touristique. Pourquoi pas le site de Niagassola où Sosso-Balla, est jalousement gardé par cette famille Kouyaté de Dokala, que je salue avec déférence ; il y a les sites de Farénya, les sites négriers de Room, de Soro, pourquoi pas de Boké aussi.
Donc, ce sont des sites que nous allons d’abord recenser de façon exhaustive, mais ensuite, travailler en parfaite intelligence avec le Ministère du Tourisme pour leur mise en valeur et pour faire de la Guinée, une destination touristique.

www.guinee-culture.org: Parlons un peu du festival national des arts et de la culture ?

Le festival national des arts et de la culture va renaître de ses cendres. Parce que nous allons relancer la quinzième édition. Vous savez la quinzaine, c’est un peu comme dans le jargon sportif, les phases préliminaires ou éliminatoires dont on a fait. Donc on a fait cela dans toutes les huit capitales régionales. On a sélectionné les meilleurs orchestres, les meilleurs ensembles instrumentaux, les meilleurs chœurs, les meilleurs ballets, les meilleures scénettes son déjà répertoriés. Et les meilleurs groupes percussionnistes.
Toutes les huit régions sont déjà sélectionnées et il s’agit maintenant de programmer, au cours de cette année 2016, la quinzaine artistique et culturelle va se faire. Ce sont autant de projets et de programmes concoctés et proposés par les directions générales et directions nationales et tous les services relevant de notre département qui nous permettent d’étaler, d’abord un programme d’urgence sur les 100 premiers jours. Parce que nous avons des obligations de résultats par rapport aux 100 jours de notre gouvernance, montrer à la face du monde ce que chérir sur le gâteau pour dire que le Stade du 28 Septembre a 28 secteurs. Et notre cabinet a décidé, d’immortaliser les icônes de la culture et les icones du sport. Donc, les secteurs-là vont désormais porter les noms de Cherif Souleymane, de Kandia Diallo, de Boubacar Kanté, de Pathé Diallo, de Petit Sory, de Maxime Camara, de Aliou Keita N’Joléa. Donc, cela nous permettra d’immortaliser ces personnes-là qui se sont beaucoup battues pour faire de la Guinée, une grande nation du sport et de culture. Donc ce sont là quelques-unes de nos actions prioritaires qui sont déjà préparées, et les dates sont fixées.
Au niveau par exemple du Bureau Guinéen des Droits d’Auteurs (BGDA), nous allons incinérer trois millions de CD piratés saisis grâce à notre vigilance et à la collaboration avec le Haut Commandement de la Gendarmerie Nationale/Direction de la Justice Militaire. Ces CD vidéo et audio seront incinérés devant la presse nationale. Et çà, c’est une première dans notre pays pour mettre en marche, n’est-ce pas, notre stratégie d’opérations coup de poing contre la piraterie dans notre pays.
Telles autres activités, c’est aussi vous annoncer que nous sommes en train de faire en sorte que les artistes et les créateurs guinéens puissent avoir désormais des assurances qui les permettront de faire ou d’être couverts par une structure. NSIA est en train de travailler en ce moment avec le bureau guinéen des droits d’auteurs et l’agence guinéenne des spectacles.

www.guinee-culture.org: Le lancement officiel de la saison culturelle et sportive coïncide avec ‘’Conakry, capitale mondiale du livre 2017’’. Quel est l’apport du ministère de la culture ?

Isto Keira : il faut d’abord dire que Conakry Capitale Mondiale du Livre est un projet du ministère en charge de la culture. Donc, nous avons délégué notre pouvoir à quelqu’un qui est très actif dans le domaine du livre, en l’occurrence Sansy Kaba Diakité, PDG de L’Harmattan Guinée et qui est d’ailleurs le promoteur aussi des 72 heures du livre. Dans les activités, j’allais oublier de parler de cette mission-là conduite par le directeur national du livre qui est de la nature publique avec les représentants de L’Harmattan Guinée qui ont effectué une mission en cette semaine à Boké. Ils sont rentrés avec de bons résultats ?

www.guinee-culture.org: Mot de la fin ?

Isto Keira : Nous sommes en train de travailler avec cette structure-là pour que cette autre activité culturelle soit une réussite et un succès pour notre pays parce que c’est un grand honneur.
Je crois que la Guinée est le quatrième Etat africain à pouvoir abriter ce genre de manifestation. Donc, nous allons faire en sorte que nous ne soyons pas décevants. En tout cas, l’équipe que nous avons en ce moment est une équipe très dynamique. Et nous travaillons en symbiose.

Sankolo Sidibé

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